De son oeil d’archéologue, il y a plein de choses à Salaberry-de-Valleyfield qui gagnent à être connues. « Ce qui me fascine ici, au musée: on est en face de l’ancienne usine de la Montreal Cotton. Il y avait de l’eau qui passait sur la rue en avant. Tu traverses la rue à la Pointe-aux-Anglais, où il y a eu des batailles militaires. Des gros sites archéologiques qui ne sont plus là parce que tout a été chamboulé », s’enthousiasme Mme Laliberté, qui y voit des « mégas-beaux sujets d’exposition » dans le passé industriel de la ville.
D’ailleurs, le MUSO a déposé une demande de subvention pour une exposition permanente sur l’incontournable manufacture de coton. « Tout le monde a une histoire avec cette usine-là », rapporte la nouvelle directrice.
Il n’y a pas que les nouveaux locaux du musée qui ont séduit, elle et sa petite famille, la chaleur des Campivallensiens compte aussi beaucoup dans sa décision d’y venir travailler.
« Quand je suis arrivée ici, la manière dont on m’a accueilli, comme visiteur du musée, c’était « bienvenue chez vous ». C’est ce sentiment-là que j’ai ressenti à ce jour et même partout ailleurs. Tu sens que tu es bien accueilli, ce sentiment-là qu’on est content de vous voir, de vouloir faire quelque chose avec vous autres », raconte celle qui sent bien l’effervescence des cinq dernières années.
Du zoo au MUSO
Mais qui est celle choisie parmi une quarantaine de candidatures? Après des études en archéologie et d’histoire de l’art, Anabelle Laliberté s’est tournée vers la vulgarisation et la muséologie.
« C’est rendre accessible l’inaccessible. C’est de créer des moments "l’fun", raconter des histoires, vulgariser », résume la jeune quarantenaire.
- Anabelle Laliberté, directrice au MUSO -
Son travail l’a tantôt amenée à un musée d’ethnologie à Trois-Rivières, en 1996, au zoo de Saint-Félicien, en 1999, puis au musée d’histoire McCord, au coeur du centre-ville de Montréal, en 2003.
Après une courte aventure dans la titanesque Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), elle s’est retrouvée « de l’autre côté de la clôture, celui des bailleurs de fonds », à la Ville de Longueuil, comme conseillère en développement culturel et patrimonial. Site archéologique encore en fouille, découverte de trésors dans une collection d’oeuvres d’art sans curation, aide auprès d’organismes: un contrat qui s’est terminé au moment où le poste s’ouvrait au MUSO.
De nouveaux projets
Quand on lui demande ce qui attend le MUSO, une étincelle scintille dans les yeux d’Anabelle Laliberté. « Des fils ont transformé en tableaux les instruments de médecine de leur père, qui parcourait autrefois la campagne. Ils en ont fait des oeuvres d’art, de manière très naïve. Ils ont raconté l’histoire de leur père à partir de ces instruments. C’est complètement éclaté », raconte-t-elle.
De plus, le MUSO tiendra une exposition sur le quartier nord, un des premiers quartiers ouvriers du coin. Et probablement quelque chose sur le père Noël de l’usine d’embouteillage Coca-Cola, glisse la directrice en lançant l’appel aux citoyens.
« On veut réaliser des expositions que les gens vont aimer et s’approprier » conclut-elle.

